Valverde a confié au Diario de Navarra son opinion au tournant de deux saisons, l'une dont il attend beaucoup, l'autre qui lui en a apporté tout autant,
dont la première place mondiale. Plutôt que le meilleur, titre réservé selon lui au champion du monde, il se considère comme "le plus constant". Sa régularité, sa capacité à gagner tout au long
de l'année, il l'impute en grande partie à la chance qu'il a de pouvoir s'entraîner très tôt avec un climat agréable, chez lui en Murcie. Il met donc très peu de temps à obtenir une forme
satisfaisante pour la compétition.
Malgré une saison pleine de victoires, on en revient toujours aux déceptions et aux critiques. Celles-ci l'affectent, mais il dit avoir appris à vivre avec. Appris
à composer avec le fait qu'aussi bonne qu'ait été sa saison, elle ne rivalise pas chez la majorité des spectateurs avec celles de Carlos Sastre et d'Alberto Contador, vainqueurs du Tour, du Giro
et de la Vuelta.
Valverde explique ses échecs à atteindre le podium d'un Grand Tour cette année par un manque de concentration : "Au Tour comme à la Vuelta, il m'en a manqué à
certains moments de la course durant les trois semaines. Quelle qu'en soit la raison, je ne suis pas capable de rester 21 jours concentré mentalement, c'est impossible. Je peux avoir un ou deux
jours où je suis moins attentif et il y en a toujours un où ça me porte préjudice. Cela je l'attribue au fait qu'en fin de compte je suis toute l'année compétitif à 100% et à la fin cela finit
par me nuire." Il réitère donc le point de vue selon lequel il lui faut réduire son temps de course, ses périodes de grande forme pour pouvoir enfin atteindre les objectifs élevés qu'il se fixe
sur les Grands Tours.
"Je suis un coureur qui sait apprendre des erreurs, et l'année prochaine ou l'année suivante je peux gagner au moins une fois l'une de ces épreuves. Je pense en
avoir une dans les jambes, même si je ne sais toujours pas laquelle, entre le Giro, le Tour ou la Vuelta. J'ai été au plus haut niveau sur le Dauphiné, sur le Tour et sur la Vuelta." Et on
comprend d'autant mieux son envie d'y parvenir quand on sait que c'est la seule façon d'obtenir une reconnaissance à la hauteur de ses mérites dans un pays qui ne jure que par les grandes courses
par étapes.
Pour cela, le Murcien pense devoir changer quelque chose dans sa manière de courir. "Je suis un sportif ambitieux, j'aime gagner. Mais je crois que je dois que je
dois apprendre à dominer mon ambition. Je devrais être plus patient ou plus tranquille dans les premières courses pour ensuite arriver au Tour plus frais." Cette année, il a en effet été présent
aux avant-postes dès ses premiers jours en compétition (Challenge de Majorque, Tour du Haut-Var, Tour de Murcie, Cholet-Pays de Loire, Critérium International).
Mais il ne se voit pas changer sa nature : "C'est ma façon de courir, et ce n'est pas à ce stade de ma vie que je vais la changer. Donc ce que je dois faire est moins courir." Décision qu'il
précise, ou corrige : "Je ne vais pas moins courir, mais commencer à courir plus tard. Probablement en avril, avec les classiques." Ce qui selon lui n'annihile pas toute ambition dans ces
épreuves, étant donnée sa faculté à obtenir un niveau compétitif seulement en s'entraînant. Mais on ne peut pas espérer tenir 250 km avec les meilleurs sur un parcours exigeant à sa course de
rentrée.
Une chose est donc cette fois-ci assurée, sans que les détails en aient encore été fixés : la première course de la saison d'Alejandro Valverde ne se déroulera pas
en janvier, au le Tour Down Under, qu'il laisse à son coéquipier Oscar Pereiro, mais bien plus de deux mois et demi plus tard. L'attente va être longue. Et elle ne va pas abaisser la hauteur des
attentes.