Eusebio Unzue, manager de la Caisse d'Epargne, a confirmé auprès de Noticias de Navarra que Valverde jouera la carte du Tour en 2009. Cette option est
selon lui tout à fait raisonnable, car le champion d'Espagne possède encore une certaine marge.
"Je suis convaincu qu'il va continuer à progresser, surtout dans les grands tours. Il est vrai que parfois la possibilité de gagner s'est évanouie pour de petites
erreurs, comme cette année à Suances et l'an passé à Grenade (NDR : au cours de la Vuelta 2006 en fait). C'est pour ça que, pour moi, chaque année la probabilité qu'il gagne augmente, parce qu'il
s'approche du meilleur âge pour les grands tours. L'ancienneté, l'expérience et la maturité physique jouent en sa faveur et nous font penser qu'il reste un potentiel vainqueur de grand
tour."
Pour y parvenir, le plus haut responsable de l'équipe indique que son coureur doit progresser en maturité, "dans sa manière de se comporter en course, pour éviter
les risques inutiles", sans s'impliquer dans ce déficit qu'il pointe du doigt. "Ces erreurs l'empêchent d'entrer dans le cercle des grands. [S'il s'imposait dans un grand tour], ce serait le seul
cycliste capable de gagner une classique, un contre-la-montre, une course par étapes d'une semaine ou de trois."
En revanche, Valverde a selon lui l'avantage de réagir parfaitement aux critiques et à la concurrence sportive et médiatique d'Alberto Contador. Il se remet
facilement des coups durs et profite du léger surcroît de tranquillité que lui confère le partage de l'affiche avec le Madrilène. "Il est même parfois trop généreux dans ses
comportements."
Unzue, qui n'est pas pour rien dans l'obsession du Tour qui anime Valverde, inspire sûrement beaucoup le discours de ce dernier. La ligne officielle de l'équipe sur
ce débat sans fin écarte l'explication des limites physiques pour insister sur la thèse de la constance et de la concentration perfectibles du coureur. La direction sportive voudrait un animal
plus froid, plus réservé, plus calculateur afin d'accéder à l'objectif suprême. Le constat n'est pas forcément erroné, mais peut-on tenter de changer une nature sans encourir de risques
?