Vendredi 24 octobre 2008
Une fois le parcours présenté, que peut-on en penser ? S'adapte-t-il aux aptitudes de Valverde ? Lui convient-il plus qu'à ses principaux adversaires ?
Le chapitre du contre-la-montre apporte plutôt une réponse positive. En général moins à l'aise dans l'exercice que les Cadel Evans, Alberto Contador ou Levi Leipheimer, le Murcien est l'un des premiers à bénéficier de la réduction notable du nombres de kilomètres proposés dans l'exercice solitaire. Il est tout-à-fait capable de rivaliser avec les meilleurs à Monaco lors du départ et ne sera plus confronté à l'exercice pendant une vingtaine de jours, jusqu'à Annecy. Là encore, le déplacement du samedi au jeudi le sert. Quarante kilomètres en partie accidentés, c'est nécessairement mieux que 55 bornes plates.
Le bilan est donc plutôt appréciable. Le déficit des non-spécialistes sur les adeptes de ce type d'effort sera globalement moins lourd que lors des précédentes éditions. Il faut néanmoins apporter une légère nuance à ce constat. Les écarts ne seront pas plafonnés lors du contre-la-montre par équipes. La perte que la Caisse d'Epargne pourrait enregistrer sur les meilleures formations, Astana et CSC, ne compensera pas les effets évoqués avant, mais elle pèsera dans la balance. Avant d'aborder les Pyrénées, il sera crucial de ne pas s'éloigner des premières places.
Quant à la haute ou moyenne montagne, présente dans huit étapes, elle est assez difficile à évaluer. La traversée des Pyrénées est considérée comme plutôt légère. Moins à l'aise dans ce massif que dans les Alpes au cours des deux dernières éditions, Valverde ne s'en plaindra pas. Il faudra cependant compter sur l'arrivée à Andorre pour établir une première sélection d'envergure. Les deux étapes suivantes comportent de grands cols mais éloignés de plusieurs de dizaines de kilomètres de l'arrivée. Faut-il s'attendre à quelques défaillances amplifiées de manière considérable dans la plaine, à la façon de ce qui était arrivé au vainqueur de Plumelec entre la descente du Tourmalet et le pied d'Hautacam ? Ce scénario est peu envisageable, mais avant la tranquille deuxième semaine, les velléités de certains devraient animer la course.
Les Alpes sont abordées par Verbier, qui s'annonce une course de côte dans laquelle les écarts demeureront ténus. Il en ira probablement de même sur le Petit-St-Bernard vers Bourg-St-Maurice. L'étape du Grand-Bornand, la plus complète en terme de difficultés, est un mystère. A quel point les candidats au podium se dépenseront-ils, dans la mesure où le chrono primordial d'Annecy les attend le lendemain ? Il y a en tout cas matière pour une lutte d'envergure, surtout sur les cols de Romme et de la Colombière. Ces étapes alpestres semblent donc convenir à Valverde, qui n'a encore jamais connu de défaillance lors des huit étapes auxquels il a déjà participé dans le Tour sur ce massif.
Le leader de la Caisse d'Epargne a donc tout-à-fait la possibilité de se présenter au départ du contre-la-montre dans la lutte pour une place sur le podium. Mais il devra affronter en trois jours deux étapes décisives, qu'il redoute à priori. L'épreuve contre le temps, donc, et l'ascension du Ventoux. Ces instants font naître l'appréhension chez tous les prétendants, mais il faut raisonnablement plutôt s'attendre à une perte qu'à un gain de temps de l'Espagnol sur ses grands rivaux. Néanmoins, il peut à cet instant de la course être confronté à d'autres coureurs auxquels il n'aura rien à envier dans l'exercice individuel par exemple.
Ce final bouleverse les habitudes et par là même les schémas d'analyse et d'anticipation. S'il ne part pas avec les meilleures cartes en main, il n'est pas exclu qu'il en sorte avec tous les honneurs. Des honneurs qu'il aura auparavant pu collecter ici ou là. Les étapes de Barcelone bien sûr, de Colmar, de St-Girons, de Tarbes, ou éventuellement du Grand-Bornand et de Monaco lui conviennent idéalement. Mais il est certain que certaines d'entre elles se réserveront aux échappées. En outre, Valverde envisage de laisser de côté ses prétentions aux succès d'étapes, et pourrait être conforté dans son choix par l'absence pour la deuxième année consécutive de bonfications. Il aurait pu grâce à elles récupérer un temps précieux, peut-être à la hauteur de ses pertes dans un contre-la-montre. Il n'en sera malheureusement pas ainsi, et il se contentera probablement de viser le succès à Montjuich, en Espagne. Bien évidemment, il lui est tout à fait possible de s'imposer dans l'une ou l'autre des étapes de montagne.
En définitive, ce parcours semble réserver des opportunités conséquentes à Alejandro Valverde, comme à de nombreux autres coureurs. Peu de contre-la-montre, des difficultés concentrées dans les Alpes et le Ventoux à la veille de l'arrivée, mais pas de bonfications. Il a les moyens de rester proche de la première place jusqu'à Annecy. S'il y parvient, il abordera le chrono et le Ventoux d'une manière radicalement différente. Bref, ce parcours ne le décourage certainement pas dans son intention de consacrer sa saison 2009 au Tour de France.
Le Tour pour Valverde : Semaine 1
Le Tour pour Valverde : Semaine 2
Le Tour pour Valverde : Semaine 3
Emmenant le
peloton dans le Col de la Colombière en 2007
Avec Garcia Acosta
sur le Ventoux lors du Critérium du Dauphiné Libéré 2007